La banalisation de la consommation


Dans les années 70, le cannabis était populaire auprès des jeunes adultes. Le THC, la substance psychoactive du cannabis, était alors d'environ 3 à 5 %. Plusieurs d'entre eux consomment encore, aujourd'hui, à l'occasion ou régulièrement. Maintenant que ces anciens adolescents sont devenus adultes, ils ont eu des enfants. Quel impact la consommation de leurs parents a-t-elle sur ces derniers ?

Il est certain que les jeunes d'aujourd'hui sont réellement portés à consommer du cannabis, que ce soit à cause de leurs parents, de leurs amis ou tout simplement parce que cette drogue leur est offerte au moins une fois dans leur vie, peu importe leur classe sociale. Dans les faits, la consommation de cannabis, dans les huit dernières années, a augmenté de 70 %, ce qui n'est pas bénin. De plus, la concentration de THC est passée de 3 % dans les années 70 à 15 à 30 % minimum aujourd'hui, ce qui n'est pas mineure comme augmentation.

Un des facteurs important de cette hausse est, selon nous, la banalisation. En effet, la société en général, banalise grandement la consommation du cannabis, on a qu'à penser, par exemple, au Parti marijuana pour lequel un candidat s'est présenté aux dernières élections. De plus, les parents d'aujourd'hui, qu'ils consomment ou non, en ont majoritairement déjà consommé et banalisent la chose par expérience, laissant plus de liberté aux jeunes. En plus, dans la société, seulement 22 % des canadiens croient encore que la possession de cannabis devrait être considérée comme un délit criminel, ce qui est de loin inférieur qu'auparavant. Cette banalisation pousse les jeunes à consommer plus tôt, plus souvent et pas majoritairement dans des fêtes comme il y a quelques années. En fait, 70 % des jeunes qui ont déjà consommé l'on déjà fait avant de se rendre en classe, ce qui n'est pas recommandé parce qu'ils ne sont plus en " état d'apprentissage. " Pourtant, dans la majorité des cas, lorsqu'ils sont surpris à consommer ou en possession de cannabis, ils doivent subir des sanctions mais cela ne les arrêtent pas. Plusieurs ont même l'appui de leurs parents qui leur avaient dit de ne pas fumer à l'école mais, une fois que leur jeune est surpris, affirment au directeur que " cela n'est pas si grave. " À quoi cela sert-il de sanctionner à l'école alors que les jeunes ont la permission de leurs parents ? Même la télévision banalise la consommation en montrant, dans plusieurs films à succès, des jeunes ou des adultes consommer en affirmant que cela n'est pas grave et que ça n'affecte pas la vie en général. Des messages de toute part affirment aux jeunes d'aujourd'hui que consommer du cannabis n'est pas grave. C'est ce que nous appelons la banalisation et c'est, selon nous, un problème majeur.

Les informations ci-dessus ont été puisées dans un reportage fait par Julie Vaillancourt et Luc Tremblay, pour l'émission Le Point, présentée à Radio-Canada. Avant de conclure ce chapitre sur la banalisation, nous aimerions citer le comportement du juge Claude Pinard, de la cour du Québec à Trois-Rivières. Effectivement, ce dernier, après avoir écouté l'émission en question, a ordonné une sentence d'emprisonnement plutôt qu'une sentence à purger dans la collectivité dans un cas de vente de drogue. En fait, l'homme en question a été pris à vendre de la cocaïne, en petite dose, ce qui entraîne habituellement une sentence dans la collectivité. Par contre, le suspect avait des antécédents judiciaires et des enfants, ce qui a incité le juge à le condamner à neuf mois de prison. Le Nouvelliste, résumant cette histoire, écrit, dans son exemplaire du jeudi 8 mars 2001 : " Le juge Pinard a dit qu'il fallait prendre les moyens pour faire comprendre aux gens que la vente et la consommation de drogue ne devaient pas être banalisées. Faisant référence à une émission du Point à Radio-Canada où des jeunes ont dit qu'ils prenaient exemple sur leurs parents en consommant certaines drogues, le juge a dit que ce type de consommation était devenu un fléau dans la société. " Voilà donc un bon exemple de ce que l'on peut faire pour contrer la banalisation.



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